Le Soudan du Sud a décidé de l’ouverture de ses frontières aux réfugiés de la République Démocratique du Congo (RDC), malgré la pandémie du covid-19, mais il est curieux de voir le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) saluer cette initiative à moins qu’il y ait l’anguille sous roche note l’agence Iranienne Press TV.
Surtout quand on sait qu’ailleurs en Afrique, par exemple sur les frontières RCA/Cameroun, ces mêmes instances internationales imposent des restrictions qui violent la souveraineté de ces pays et constitue un danger potentiel.
Près de 250 personnes venues de la RDC ont traversé la frontière pour rejoindre des zones rurales de la région d’Équato-Occidentale au Soudan du Sud la semaine dernière, en raison de la réapparition des violences dans la région.
« Le HCR salue le gouvernement d’union nationale de transition pour avoir accepté les réfugiés, demandeurs d’asile et autres personnes concernées dans son Plan national de préparation et de réponse pour le COVID-19 », a déclaré Adan Ilmi, représentant du HCR au Soudan du Sud, dans un communiqué publié à Juba.
L’agence onusienne pour les réfugiés a indiqué qu’il s’agissait du premier déplacement transfrontalier officiel depuis un pays voisin enregistré depuis la fermeture des frontières du Soudan du Sud en mars 2020 afin d’enrayer la propagation de la maladie du Covid-19.
L’accueil enthousiaste réservé par le HCR à Juba, ne pourrait avoir qu’un sens : provoquer des tensions en RDC et d’envoyer des mercenaires à Ituri depuis le Sud Soudan. Tout comme en Syrie, Libye ou encore au Yémen où les pauvres réfugiés sont perçus comme de potentiels candidats à adhérer dans ce plan et d’ailleurs les premiers signes de cette hypothèse apparaissent : « En RDC, la situation est tendue en Ituri à cause de la menace des miliciens Codeco. Dans cette province au nord-est de la RDC, l’armée avait annoncé qu’elle avait tué le 25 mars Ngudjolo Mapa, chef de la milice appelée Codeco, active depuis près de deux ans dans le territoire de Djugu. Plus d’un mois plus tard, les violences s’étendent sur d’autres zones, les tueries se multiplient. Cette milice serait plus dangereuse, car plus fragmentée », écrit RFI.
«Ce vendredi, le commandant de la Force de la Monusco a donné des ordres pour que les axes qui donnent accès à la ville de Bunia soient surveillés de manière constante pour limiter le risque d’infiltration», poursuit RFI.
Reste à savoir si ce genre de concession pourra réconcilier le sud Soudan désobéissant au Soudan. A qui profite les troubles?
Analyse de la Rédaction Press TV zoom sur Afrique du 9 Mai 2020